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 L'ARCHITECTURE

AU SERVICE DE LA POLICE

   

    Nous publions ici un article paru en janvier 2003 dans le bulletin  de SUD-Etudiant. Cet article explique assez bien les projets architecturaux de l'université : dissoudre l'université dans la ville pour mieux y faire rentrer la police. Au coeur de ce projet, le cloisonnement des bâtiments (pour mieux nous fliquer) et l'expulsion des associations étudiantes dans un bâtiment à part où elles pourront passer leur temps à se faire la guerre entre elles et laisser enfin l'administration en paix. Encore une fois, la stratégie déployée par les autorités est redoutable et lourde de conséquences pour l'avenir.

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   PLAN D'AMENAGEMENT DE LA FAC, QU'EN EST-IL ?

   Le 12 décembre 2002, une réunion a été organisée au bâtiment B, à l’initiative de Jean-Luc Guinot, responsable de l’aménagement du Campus, et de  géographe-urbaniste. Pendant cette réunion visant à créer un dialogue entre les associations de l’Université, étudiante et autres, et celles de la ville de Nanterre, le plan d’aménagement du Campus nous a été exposé, une nouvelle fois.

   La conversation qui devait porter sur l’échange Universitaires-Habitants du quartier a vite tourné sur l’impossibilité de communiquer dans l’université. En effet, d’une part, les organisations étudiantes, enseignantes et IATOSS communiquent très peu ensemble, même entre IATOSS et enseignants.

 

   De plus la politique de l’Université est justement d’empêcher ces dialogues. Le dialogue même avec l’administration universitaire est bloqué, autant pour nous, étudiants, que pour les syndicats de professeurs ou de IATOSS. Alors comment le dialogue avec les organisations  d’habitants du quartier serait il possible ?

Le plan d’aménagement du campus est lui aussi conçu dans cette optique de non-communication organisée :

-Cloisonnement entre touts les bâtiments.

-Suppression des panneaux d’affichage, comme ce qui a été fait au bâtiment L.

-Exclusion des associations étudiantes, mises à l’écart, hors des murs de la fac dans une

« Maison de l’étudiant ».

-Exclusion des Résidences universitaires, toujours plus à l’écart derrière de nouveaux bâtiments.

-Séparation en deux du campus par une route nationale et une ligne de tram.

   L’explication officielle de ce plan d’aménagement est la suivante :

   Une somme d’euros considérable a été débloquée par la région dans le cadre du réaménagent de la zone de la Défense, il faut en profiter (sans consulter les étudiants sur l’aménagement de leur campus).

 

   Si on cloisonne les bâtiments A à E, c’est parce que ces bâtiments ne sont pas sûrs en cas d’incendie, et on ne pouvait pas faire autrement que tuer la rue intérieure des bâtiments A au E, cette rue permettait malheureusement aux étudiants de se rencontrer et de partager leur vie étudiante : finie, remplacée par un patio ouvert à la pluie, fait pour marcher, pas pour s’asseoir, discuter, fumer, glander, lire…Impossible donc, de penser à installer des portes coupes feu plutôt que des murs.

 

   Si on a commencé par le bâtiment B, c’est pour « redorer » le blason de Nanterre, qui en avait bien besoin, car la réputation de Nanterre, ce ne sont pas ses enseignants et chercheurs performants et inestimables, malheureusement au bâtiment B il y avait une cafétéria où les étudiants pouvaient se rencontrer et discuter: remplacée par des machines Selecta, et par une cafétéria bien sécurisée dès 2004 au bâtiment DD (donc 5 ans sans cafétéria, la vie étudiante c’est moins important que le « blason» de la fac).

 

 

2: LIGNE DE TRAM        3: ROUTE NATIONALE       5: BATIMENT STAPS ET IUT 

 

 

 

 

 

 

8: CLOISONS

 

 

 

7: PATIO

 

4: FORUM ETUDIANT

 

 

 

 

 

 

 

1: NOUVELLE GARE                 6: BATIMENT D'ETHOLOGIE ET ADMINISTRATIF

 

 

   Si on retire les panneaux d’affichage, qu’on ne laisse pas distribuer de tract dans le bâtiment L ni dans le resto-U, c’est pour des raisons de sécurité, informer c’est dangereux, ça fait participer à la vie étudiante.

 

   Si on vire toutes les associations étudiantes dans un « forum étudiant » c’est pour leur donner plus d’espace, car leur espace n’est pas parmi les étudiants mais à l’écart de la (non)vie étudiante que l’on veut leur imposer.

 

   Si on vire le local de photocopies du bâtiment E c’est pour pouvoir réaménager ce bâtiment horizon 2004 et qu’il faut cloisonner, mais ne vous inquiétez pas, il y à des photocopieuses Corep impersonnelles partout, en état de monopole, sur la fac.

 

   De plus, le nouvel aménagement du campus c’est bien, il y aura un tram et il sera ouvert sur la ville de Nanterre. Oui mais le tram, prévu sur le nouvel aménagement du campus, ne doit pas passer par Nanterre. Quant à l’ouverture sur la Ville de Nanterre, elle n’est qu’une façade : Qui est mis au courant des événements de la ville de Nanterre ? Le service des affaires culturelles, bien caché dans le bâtiment L.

 

   L’autre ouverture sur la ville de Nanterre proclamée par Jean-Luc Guinot, qui est aussi responsable de la sécurité sur le campus, est qu’il a incorporé dans ses effectifs de personnel de sécurité des personnes originaires des quartiers sensibles de Nanterre. On ne veut pas des nanterriens comme étudiants mais comme vigiles !

 

   Enfin, comme le disait l’année dernière Monsieur Bernard Friot, professeur et chercheur en sociologie urbaine à Nanterre lors de la réunion sur le premier tour des élections présidentielles, l’aménagement actuel de l’université ne permet plus l’intégration et la réussite des études des jeunes des milieux populaires et immigrés parce qu ‘elle ne permet plus la création du lien social nécessaire entre les étudiants : Se passer les cours, s’entraider, connaître des étudiants de niveaux plus élevés et plus anciens qui peuvent donner de l’aide…

 

   Aujourd’hui le nouveau plan d’aménagement du campus vise plutôt à diviser les étudiants qu’à leur permettre de se retrouver, c’est tuer la vie étudiante, c’est tuer l’université.

 

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      Autre élément important à avoir en tête, mais qui n'est pas développé dans l'article : la traversée du campus par une route nationale et l'extension de la gare jusqu'aux portes de la fac. Le flicage sera alors total : vigiles dans la fac, flics dans la rue, et enfin GPSR dans la gare,  il n'y aura plus aucun mètre carré qui ne soit pas sous contrôle. Qu'il sera loin le temps où les étudiants patrouillaient armés sur le campus pour chasser les fachos... Non, ce dispositif n'a pas été inventé par des militants du Front National mais par la municipalité PCF dans le cadre du Contrat Local de Sécurité : comme souvent, la gauche du Capital se montre plus compétente que la droite pour organiser la contre-révolution. C'est peut-être cela que Richard Durn avait fini par comprendre...