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A propos de la Cité-U…

  

 

 

Quand les erasmus se retrouvent parqués

 

    Encore l'année dernière la cité universitaire était un lieu où les étudiants étrangers et français se mélangeaient dans tous les bâtiments. Entre juin et juillet 2003, tous les résidents du bâtiment H ont été invité à évacuer le bâtiment sous prétexte de travaux de rénovation.

 

   La réalité est différente puisque ce bâtiment a été rempli d'erasmus et seulement d'erasmus.

     

   S'installe alors la ghettoïsation au sein de la cité-u, auparavant les erasmus rencontraient des difficultés à communiquer avec les français, aujourd'hui le problème ne se pose plus, puisqu'ils n'en rencontrent plus. Alors que le soucis des gestionnaires et des autorités devrait être d'aider à l'échange, de permettre aux uns et aux autres de vivre ensemble, de partager un espace commun où chacun a sa place, ceux-ci considèrent le cloisonnement des corps dans des zones spécifiques comme l'acte ultime de l'intégration.

           

   Parmi les étudiants, qu'ils soient erasmus ou non, résidents ou non, l'ambiance est au dégoût. Cette politique d'anti-mixité doit être le plus vite possible refusée (protestations, grèves des loyers, informer le milieu universitaire, auto-organisation des résidents...)

           

   La décision de séparer ainsi les étudiants les uns des autres a été prise par l'administration du Crous sans dialoguer avec les véritables concernés : les résidents. Alors que partout on emploie le mot démocratie, on voit ici comment se conçoivent arbitrairement les prochaines relations sociales : l'étudiant est perçu abstraitement, c'est un chiffre, un numéro de chambre, une redevance, une somme d'argent.

           

   L'Europe se défend de faire une éducation de qualité avec une parfaite mobilité, il semble pourtant qu'elle se moque des notions telles que le partage ou l'échange et préfère à cela le regroupement par nationalité, niant par là l'individu.

           

   L'Europe qui se construit est une Europe du capital, l'intérêt va pour l'argent, le bien-être et le plaisir de connaître ce qui est autre n'a pas sa place.

                                  

GRILLEZ

  

   Le drame survenu récemment dans une résidence universitaire en Russie (un incendie causa la mort d'une trentaine de personnes), laisse songeur quant aux conséquences d'un tel événement s'il advenait à la cité-u de Nanterre. Tout porte à croire que ses consœurs russes ne doivent pas être beaucoup plus vétustes.

           

    En effet, le respect des normes incendies (qui devient une véritable obsession sur la fac, prétexte invoqué pour expliquer le cloisonnement des bâtiments), ne semble pas réellement préoccuper les responsables du Crous. Ainsi, il n'existe aucun dispositif d'alarme comme on en trouve dans tout bon couloir de toute bonne collectivité, seuls 2 extincteurs sont placés à chaque extrémité des couloirs. Soit autonome : si ça crame, tu cours jusqu'à l'extincteur, et t'éteins le feu toi-même, c'est tout. Si tu as besoin d'aide, tu n'as qu'à espérer que le feu se voit d'assez loin pour que l'alarme soit donnée. Mais si le feu se voit de loin, c'est que toi et tes voisins, vous êtes sacrement emmerdés : si tu ouvres la porte pour sortir et fuir par les escaliers, tu risques de créer un  appel d'air. Mais là encore tu as le choix, tu peux toujours sauter de ton neuvième étage, tu ne mourras pas carbonisé.       

           

   Etant donné l'état obsolète du système électrique (une prise par chambre, certaines n'ont pas de prise terre), on peut craindre le pire. Pendant ce temps, l'administration se cache derrière un règlement intérieur également obsolète, qui nie la réalité et les besoins des résidents. Ainsi, l'usage de tout appareil électrique est interdit, donc si il y a surchauffe parce que tu as branché un frigo, c'est de ta faute.   

           

   On nous demande à tous une radio de poumons sains avant de pouvoir intégrer la cité-u, mais les préoccupations hygiénistes du Crous s'arrêtent là. Pendant trois ans, 2 des 4 toilettes d'un couloir où logent 36 personnes étaient condamnés, l'année dernière, l'un des deux a été réparé, le second attend toujours, les résidents aussi. Devant l'état lamentable des douches, le Crous décide il y a deux ans de les rénover, et, en passant, d'en réduire le nombre (de 4 à 3). Il investit alors dans des douches en plastique qui ne supportent déjà plus l'utilisation massive qui en sont faite. Pleines de recoins, elles ne facilitent pas non plus le travail des femmes de ménage, qui s'y cassent un peu plus le dos.

           

    Le Crous semble ainsi se faire un devoir de prendre au pied de la lettre l'expression « mener une politique de façade », en se contentant de retaper les façades. Mais sur ce point, l'administration de la fac lui fait une sérieuse concurrence, à grands renforts de jardins, passerelles...

 

TAIS-TOI ET PAIE TON LOYER

 

   Le Crous n'a pas lésiné sur les moyens pour que les locataires de la cité-u aillent élire leurs représentants au conseil de résidence, le mois dernier. Ainsi, chaque résidents a pu recevoir une lettre du Crous lui rappelant l'importance de son vote. Des affiches (couleurs et papier glacés étaient alors de mise) étaient également accrochées à tous les étages, et chaque votant s'est vu remettre une canette de boisson...

 

   Devant de tels débordements d'énergies, il convient de faire un point sur la gestion prétendument démocratique du Crous, et sur le rôle des différents conseils.

           

   Le conseil de résidence, tout d'abord, décrit en ces termes dans une brochure du Crous : « le conseil de résidence est l'instance démocratique étudiante qui formalise les concertations entre résidents et personnels ». En fait d'instance démocratique, il s'agit d'un conseil purement consultatif, constitué de 8 représentants résidents élus et de 8 membres du personnels. Les résidents peuvent y exposer leurs griefs, leurs propositions, mais ne participent pas à la décision, l'administration prend note et reste maîtresse des décisions.

           

   C'est au niveau supérieur, au conseil d'administration, qui se réunit à Versailles, que les représentants des résidents ont droit de vote. Mais là, plus de parité des voix, puisqu'ils se retrouvent à 8, face à 8 représentants de l'Etat désignés par les ministère, 3 représentants des personnels du Cnous et des Crous, 3 présidents d'universités, 4 « personnes qualifiées », dont 2 choisies par les représentants d'étudiants, et enfin le président du Crous. C'est à ce niveau que se décide, par  vote, la destination des budgets alloués par le ministère de tutelle au Cnous, qui les redistribuent ensuite entre les Crous.

           

   Il apparaît donc évident que la démocratie au Crous est un leurre, puisque quand les étudiants ont pouvoir de décision, ils se trouvent écrasés en nombre par les administratifs bureaucrates. Cette situation laisse le champ libre à l'administration pour mener une politique autoritaire, et elle ne s'en prive pas. En fin d'année dernière, c'est tout un bâtiment qui a été hâtivement vidé de ces habitants, sans les prévenir au préalable, sous prétexte de travaux de rénovation. On sait aujourd'hui que c'est un mensonge, puisque tous les étudiants erasmus y ont été parqué à leur arrivée, séparés du reste des résidents. De même, en octobre, les concierges travaillant dans les pavillons ont été regroupées au bâtiment d'accueil. Elles n'en ont été prévenu qu'une semaine à l'avance, et avaient pour consigne de ne rien dire aux étudiants. Le Crous a ainsi superbement méprisé les relations de sympathies qui les liaient aux résidents, déshumanisant ainsi un peu plus ces locaux qui sont pourtant le lieu de vie de près de 1500 étudiants.